
Situé dans l’ancien palais d’Ibrahim Pacha, le Musée des Arts turcs et islamiques d’Istanbul, inauguré en 1983, est un trésor de l’histoire et de la culture islamiques. Il abrite une collection fascinante de céramiques, de tapis d’Anatolie et d’objets en verre, illustrant la richesse artistique du monde islamique. Ce musée met en lumière les savoir-faire ancestraux et offre un aperçu essentiel du patrimoine turc et islamique à travers les siècles.
Les visiteurs décrivent un musée paisible, bien présenté et richement documenté, où l’on découvre manuscrits, calligraphies, tapis anciens et objets d’art organisés de façon claire et chronologique. Beaucoup recommandent d’y consacrer entre une et deux heures, surtout avec le Museum Pass qui atténue un prix d’entrée jugé élevé. Ils apprécient la terrasse avec vue sur la place, les toilettes propres, l’air climatisé et un personnel accueillant.
Installé dans le somptueux palais d’Ibrahim Pacha, sur l’ancien Hippodrome d’Istanbul, ce musée offre une plongée fascinante dans l’histoire artistique du monde musulman. Des chefs-d’œuvre de l’art sacré aux témoignages de la vie nomade, parcourez des collections inestimables qui relient le patrimoine anatolien aux grandes dynasties islamiques.
Réputée mondialement, cette section abrite quelques-uns des tapis les plus rares de l’histoire, notamment des pièces seldjoukides du XIIIe siècle sauvées de la mosquée Alaeddin de Konya. Ces textiles en laine nouée se distinguent par leurs motifs géométriques rigoureux et leur symbolisme animalier stylisé. Véritables documents historiques, ils permettent de comprendre l’évolution de l’art du tissage en Anatolie bien avant l’essor des grands ateliers ottomans.
Le musée conserve une impressionnante collection de corans, dont certains fragments remontent aux premiers siècles de l’Islam (VIIIe siècle). En parcourant cette galerie, l’évolution de l’écriture arabe saute aux yeux, passant du style angulaire coufique aux courbes élégantes du naskh. L’attention se porte particulièrement sur les enluminures minutieuses et l’usage de la feuille d’or, qui transforment ces textes sacrés en objets d’art d’une valeur inestimable.
L’art de la belle écriture atteint son apogée sous l’Empire ottoman, comme en témoignent les nombreux édits impériaux (firmans) et panneaux présentés ici. Une attention particulière est accordée aux tughras, les signatures monogrammées des sultans, qui allient autorité politique et perfection esthétique. Ces œuvres sur papier ou cuir illustrent comment la calligraphie transcendait sa fonction utilitaire pour devenir l’expression artistique majeure de l’époque.
Le travail du bois occupe une place centrale dans l’art anatolien. Cette section met en lumière des pièces architecturales massives telles que des portes de mosquées, des volets et des cénotaphes (coffres funéraires) datant des XIIe et XIIIe siècles. On y admire souvent la technique du kündekari, un assemblage complexe sans clous ni colle, ainsi que la profondeur des sculptures aux motifs végétaux et géométriques entrelacés.
Située généralement au rez-de-chaussée, la section ethnographique contraste avec l’art de cour en exposant le patrimoine culturel des populations rurales et nomades. Costumes traditionnels, métiers à tisser, bijoux en argent et ustensiles du quotidien y sont mis en scène pour raconter la vie en Anatolie aux XVIIIe et XIXe siècles. C’est une fenêtre ouverte sur les traditions populaires et le folklore des différentes régions de la Turquie.
Des premières poteries de Samarra aux célèbres faïences d’Iznik, cette collection retrace des siècles de maîtrise du feu et de l’argile. Les vitrines exposent des carreaux de revêtement, des plats et des lampes provenant de divers centres de production du monde islamique. L’évolution des techniques, comme le lustre métallique ou les décors peints sous glaçure, révèle la richesse des échanges artistiques entre l’Orient et l’Occident.
L’art du métal est représenté par une série d’objets raffinés allant du bronze incrusté d’argent au cuivre étamé. Parmi les pièces maîtresses figurent des heurtoirs de porte monumentaux (dont ceux de la Grande Mosquée de Cizre), des chandeliers, des mortiers et des accessoires militaires. Ces objets, souvent gravés d’inscriptions bénédictives, témoignent du savoir-faire exceptionnel des artisans mamelouks et ottomans.
Au cœur de la section ethnographique, l’installation de véritables tentes de tribus nomades (Yörük) offre une expérience immersive. Ces structures textiles, souvent faites de poils de chèvre, abritent tapis et kilims dans leur contexte d’origine. Elles permettent de visualiser concrètement l’organisation de l’espace domestique mobile et l’importance centrale du textile dans la culture des peuples turcs d’Anatolie.
Bien que fragile, le verre occupe une place de choix avec des pièces datant du IXe au XVe siècle. La collection comprend des flacons à parfum, des gobelets et surtout de superbes lampes de mosquée émaillées, typiques de la période mamelouke. Ces objets illustrent la maîtrise des techniques de soufflage et de décoration qui faisaient la renommée des ateliers de Syrie et d’Égypte.
La visite ne saurait être complète sans s’attarder sur l’architecture même du lieu. Construit au XVIe siècle pour le grand vizir de Soliman le Magnifique, le palais d’Ibrahim Pacha est l’un des rares exemples d’architecture civile ottomane en pierre de cette envergure à avoir survécu. Sa vaste cour intérieure, qui surplombe l’Hippodrome, offre une perspective unique sur la Mosquée Bleue voisine et permet d’imaginer le faste des cérémonies qui s’y déroulaient autrefois.
Retrouvez ci-dessous les horaires officiels pour organiser votre visite.
| Dates | Jours | Horaires | Dernière admission |
|---|---|---|---|
| Toute l’année | Lundi au Dimanche | 09h00 – 19h00 | 18h00 |
| Période estivale | Lundi au Dimanche | 19h00 – 22h00 | 21h00 |
Binbirdirek, At Meydanı Cd No:12, 34122 Fatih/İstanbul, Türkiye